Une petite histoire de la grande histoire du cycle ...
13 avril 2010

Petite histoire - épisode 3

La guerre de 1870 mit un frein à l’essor du vélocipède en France et c’est en Amérique et surtout en Angleterre que vont se faire les évolutions suivantes. Le but étant d’accroître la vitesse, on vit apparaître des vélocipèdes aux roues disproportionnées: les grand bi, équipés de roues garnies de rayons en fils de fer. La roue avant ne cessa d’augmenter de taille et alla jusqu’à atteindre 2,20 m de diamètre.

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Pour accéder à la selle du grand bi, on devait courir avec sa machine et profiter d’un élan commun pour monter. Un marchepied ou une petite échelle pouvaient être installés sur le cadre.

De part sa difficulté d’utilisation, le grand bi ne sera utilisé qu’en course.

Vont être améliorés ou développés : transmission, frein et direction.

Le vélo à roues égales, appelé d’abord le bicyclette de Rover en 1884, ne s’imposa pas tout de suite: les partisans du grand bi et ceux du vélo à roues égales vont s’affronter jusque vers 1890, lors notamment de nombreuses compétitions sportives comme la course Paris-Brest-Paris. De 1890 à 1940, la bicyclette connut un véritable âge d’or. Elle devient emblème de liberté et d’indépendance.

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1888 : John Dunlop invente le pneumatique.

1893 : loi française sur les bicyclettes (équipements obligatoires) et taxe.

En France, les frères Michelin mettent au point le pneu démontable avec chambre à air. Le pneu sera utilisé avec l’automobile, l’avion, le métro, la moto, ...

De grandes marques se développent (Gladiator, Alcyon, Terrot, …) proposant toute une gamme diversifiée à leur clientèle.

La bicyclette va connaître un réel essor puis va régresser dans les années 50.

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10 avril 2010

Petite histoire - épisode 2

1791: certains voudraient que la paternité du vélo revienne au Comte de Sivrac qui aurait importé d’Angleterre un système pour courir assis : machine en bois sans pédales, sans freins.

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Le célérifère ne connut pas un succès certain. C’est un journaliste français, Louis Baudry de Saunier, qui rédigea en 1891 une Histoire générale de la vélocipédie et voulut réécrire l’histoire, piqué au vif dans son orgueil nationaliste. 

La machine devait détrôner le cheval, moyen de locomotion de référence (les premières voitures déjà apparues étaient alors considérées comme des monstres mécaniques, diaboliques).

Vélocipède: « rapidité » (velocem, latin) +  « pied » (pedem, latin)

1818: Carl Friedrich Christian Ludwig, baron Drais von Sauerbronn, déposa le brevet d’un engin à deux roues égales à direction articulé.

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Là est le véritable ancêtre de nos bicyclettes actuelles. 

La draisienne était mue par des mouvements de balancier des jambes, corps légèrement incliné vers l’avant, coudes écartés pour garder l’équilibre. Le guidon directeur devait être tenu des deux mains.

La vitesse représentait l'essentiel critère de qualité, la baron Drais affirmait que “sur une route bien tenue, le vélocipède peut égaler en montée la vitesse d’un homme en train de courir, tandis qu’il s’approche en descente d’un cheval au galop. Sur terrain plat, même après une forte pluie, il parcourt deux lieues (environ 8 km) en une heure, et par conséquent s’avère aussi rapide qu’un courrier à cheval.”

Ce premier vélocipède pesait 23 kilos et affichait des pointes à 12,5 km/h. Le cyclisme venait de naître.

Les draisiennes devinrent le jouet à la mode au sein de la haute société de l’époque.  Elles n’avaient pas encore de réelle utilité. Fabriquées en bois, elles étaient très faciles à copier et bénéficièrent d’une rapide diffusion.

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Avant de s’appeler vélocipède, ces engins furent nommés “Hobby horse” ou “Dandy horse” par les anglais, “Drahtesel” (âne en fil de fer) par les Allemands ou “cheval mécanique” en France.

Les écoles de vélocipède furent nommées “manèges”. La position du cycliste semble inspirée de celle du cavalier, la bicyclette n’a pas de siège mais une selle, les cyclistes furent d’abord appelés “cavaliers cyclistes” ... On voit là bien le lien historique existant entre vélo et cheval. 

C’est en 1861 que le carrossier Michaux eut l’idée, en réparant une draisienne, d’y ajouter des repose-pieds, puis des pédivelles (manivelles munies de pédales). L’idée du pédalage était née.

michaux

Avec les frères Olivier, Michaux et fils créèrent la Compagnie parisienne qui construisit deux vélocipèdes en 1861 pour atteindre une production de six cents véhicules en 1865. Trois ans plus tard, l’entreprise exportait ses machines dans le monde entier. Elle diversifiait aussi sa production: tricycles, tandems et vélocipèdes à moteur.

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Vélocipède de Guilmet-Meyer, 1869. Il s’agit là du premier véhicule à transmission par chaîne: une idée due à l’association du fabricant Meyer et de l’horloger Guilmet. Le pédalier est muni d’un pignon de vingt-neuf dents alors que le pignon arrière n’en possède que vingt. À chaque tour de pédalier, la roue arrière effectue un tour et demi, ce qui permet de diminuer sa taille.

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Vélocipède d’Ader, 1867. Ce vélocipède est caractéristique des recherches de l’époque. Son cadre métallique est creux et composé de plaques de tôles soudées (poids de 25 kg seulement). Les jantes des roues sont garnies d’un bandage de caoutchouc plein. L’engin possède des cale-pieds et un dispositif de roulement destiné à réduire les frottements.

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04 avril 2010

Petite histoire - épisode 1

Le vélo a été développé dans le souci de libérer l’homme du cheval, longtemps seul moyen de locomotion.

Ses origines pourraient remonter à l'antiquité avec des projets de fabrication d’automates capables de se mouvoir d’eux-mêmes. Philippe de Macédoine, par exemple, au IVème av. J.-C., avait donné l’ordre à un de ses ingénieurs de construire une gigantesque tour de siège, capable d’avancer grâce aux efforts de ses occupants. Cette invention permettait aux soldats de progresser à l’abri des flèches et des projectiles lancés depuis les murailles des cités assiégées. On suppose qu’elle était mue par un système de poulies et de pédales qui agissaient sur les essieux des roues à sa base.

remouleur

XVème siècle: machine de rémouleur à pédalage, système de bielles agissant sur une manivelle.

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On a découvert des croquis de Léonard de Vinci,  illustrant un véhicule muni de deux roues et ressemblant à une bicyclette. Cette machine, issue de l'imagination du grand homme, n'a jamais franchi le stade de la planche à dessin.

 

hautsch

Au XVIIIème siècle, les premiers carrosses sans chevaux apparurent en Allemagne, construits par Johan Hautsch. Ils étaient actionnés par des engrenages cachés, mus par la force d‘un serviteur. Stephan Farffler, horloger invalide d’Altdorf, localité proche de Nuremberg, construisit en 1680 un tricycle à traction humaine, mû par le biais d’une manivelle.

carrosses

En France, Jacques Ozanam présenta à l’Académie Royale des Sciences une voiture à quatre roues.

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D’autres voitures sans chevaux vinrent ensuite, comme celle mise au point par la docteur Élie Richard, Français, qui était mue par un homme robuste et endurant qui, placé derrière le conducteur, fournissait la force motrice en marchant sur des leviers. Ces engins furent les lointains ancêtres des premiers vélocipèdes.

Néanmoins, l’état des routes à ces époques n’était pas de nature à favoriser les tentatives destinées à populariser les véhicules à traction musculaire. Le beau réseau routier de l’empire romain se désagrégea pendant tout le Moyen Âge; les routes étaient jalonnées de trous et poussiéreuses en été, boueuses et impraticables en hiver.

En France, ce sont le Bourbons qui, au XVIIIème ordonnèrent la construction de véritables routes en pavés. Napoléon favorisa le développement des routes pour permettre la circulation des troupes et du matériel.

Malgré cela, la circulation était très difficile pour des véhicules mus par traction humaine. Pendant tout le XVIIIème, siècle des lumières, de nombreux véhicules à pédales ont été imaginés. On utilisa notamment les chevaux de bois des manèges sur lesquels on adapta des pédales de rémouleur.

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